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Une esthétique du retrait
Dans l'atelier de Haruki Mori, à deux pas de Shimokitazawa, les surfaces sont nues. Pas par manque de moyens, mais par choix méthodique. Chaque objet présent a surmonté un processus d'élimination rigoureux — une sélection naturelle du quotidien. « Ce qui reste est ce qui mérite d'exister dans l'espace », explique-t-il sobrement.
Cette démarche, plusieurs jeunes studios tokyoïtes la partagent aujourd'hui, formant une constellation informelle de créateurs unis par un même refus : celui du surplus décoratif. Un ma — cet espace-temps négatif central à l'esthétique japonaise — revenu au cœur de la pratique.
"Le design le plus radical est souvent celui qu'on ne remarque pas immédiatement. Il agit comme une respiration dans la pièce." — Haruki Mori, designer
À Paris, les galeries commencent à s'y intéresser. La galerie Ōkura, dans le 3ème arrondissement, consacre sa prochaine exposition à six de ces studios. Une reconnaissance qui interroge : peut-on exporter un minimalisme aussi culturellement ancré ?